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I was always affected by the grand style

 

 

I was always affected by the grand style  michael lilin

crayon graphite et crayon de couleur, encre sur papier aquarelle

18x25cm

michael lilin 2017

 

 

 

I wander thro’ each charter’d street,
Near where the charter’d Thames does flow.
And mark in every face I meet
Marks of weakness, marks of woe.
In every cry of every Man,
In every Infants cry of fear,
In every voice: in every ban,
The mind-forg’d manacles I hear
How the Chimney-sweepers cry
Every blackning Church appalls,
And the hapless Soldiers sigh
Runs in blood down Palace walls
But most thro’ midnight streets I hear
How the youthful Harlots curse
Blasts the new-born Infants tear
And blights with plagues the Marriage hearse
London, William Blake, 1794
However, Cicero found danger in using the style. If the audience was not sufficiently prepared for a major speech, he claimed that it would appear as if the speaker were inebriated. He believed it necessary for a speaker to fully appreciate the two other styles—plain and middle—used respectively for ‘teaching’ and for ‘pleasing’. He claimed that without the understanding all three, the potential of the grand style could never be realized.

Vom Gesicht und Räthsel

Vom gesicht und Räthsel—michael lilin 2016
Vom Gesicht une Räthsel michael lilin

Vom Gesicht und Räthsel (de la vision et de l’énigme)

encre, crayon graphite, crayon de couleur, stylo Uniball sur papier

21×29,7cm

michael lilin 2016

À vous, chercheurs hardis et aventureux, qui que vous soyez, vous qui vous êtes embarqués avec des voiles pleines d’astuce, sur les mers épouvantables, —

à vous qui êtes ivres d’énigmes, heureux du demi-jour, vous dont l’âme se laisse attirer par le son des flûtes dans tous les remous trompeurs :

— car vous ne voulez pas tâtonner d’une main peureuse le long du fil conducteur ; et partout où vous pouvez deviner, vous détestez de conclure —

c’est à vous seuls que je raconte l’énigme que j’ai vue, — la vision du plus solitaire. —

Le visage obscurci, j’ai traversé dernièrement le blême crépuscule, — le visage obscurci et dur, et les lèvres serrées. Plus d’un soleil s’était couché pour moi.

Also Sprach Zarathoustra, Friedrich Nietzsche, 1883

michael lilin

« If they don’t like him that way
They won’t like me after today
I’ll be standing right by his side when they say
He’s a rebel and he’ll never be any good
He’s a rebel cause he never does what he should
Just because he doesn’t do what everybody else does. » (1)

Lorsque nous l’avons sollicité pour un achat, il nous a envoyé une pochette Canson de collégien en ajoutant « je peux vous en faire d’autres pour la semaine prochaine ». Derrière cette (fausse) désinvolture, on trouve des dessins extrêmement fouillés, ce n’est pas la moindre des contradictions. Michael Lilin a toujours beaucoup dessiné et très bien, mais c’est la première fois qu’il fixe son univers avec autant d’exigence, comme si tout cela était dans sa tête depuis un long moment et attendait. Quel univers ? Des paysages imaginaires où des chemins se creusent, des couloirs deviennent sinueux, des choses s’imbriquent les unes dans les autres, des excroissances végétales (branche d’arbre mais aussi bois de cerf) poussent, une forme de surréalisme aujourd’hui. Il y a des maisons simplifiées, aussi des sortes de mirador ou de chaise démesurément haute d’arbitre, souvent en équilibre instable ou renversés, des boîtes qui s’ouvrent ou se ferment. Lorsqu’il y a des humains cela devient encore plus complexe, les corps au feutre fin et plutôt rouges sont surmontés de masques à têtes animales, les hommes sont affublés d’un long cou, parfois aussi ils portent des armures moyen-âgeuses.. Arrivent-ils ou partent-ils? Sont-ils les bienvenus ou la cible d’un doigt inquisiteur pour une culpabilité d’origine inconnue? Souvent, les bras écartés, ils planent ou lévitent. Michael Lilin connaît-il ce générique de Folon pour la télévision dans les années quatre-vingt? Des personnages planants sur une musique mélancolique annonçaient la fin des programmes et la neige persistante sur l’écran. Les ciels aquarellés sont toujours travaillés, les nuages en enfilade, mais s’agit-il de nuages ou de fumée? Michael Lilin connaît particulièrement bien la culture anglosaxone et germanique, et ce n’est pas un hasard s’il passe d’une langue à l’autre dans les titres de ses dessins. Proverbes, citations, expressions confèrent aux oeuvres une dimension quasi métaphysique: « Il sera convoqué prochainement devant la commission… ». Il y a une parenté avec l’oeuvre rare d’Eugen Schönebeck, les dessins de 1963 où des personnages disproportionnés (corps chétif, grosse tête) deviennent inquiétants. « Il montre un aspect sombre, tabou, de la vie cernée par la société. Mais certains dessins contiennent de l’humour… » (2) Chez Michael Lilin une sorte de Krazy Kat peut aussi surgir dans un terrifiant engin de travaux publics et, jubilatoire, il est là pour détruire.

Catherine Laubier, Yves Brochard

(1) The Crystals, He’s a rebel

(2) Eugen Schönebeck, Die Zeichnungen, Galerie Nolan-Judin, Berlin 2011

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