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Making concrete as much as my guts can stand

Making concrete as much as my guts can stand / as touchable—grabable—solid— but it always turns out so precarious

Stylo uniball, aquarelle, encre et crayons sur papier

michael lilin 2017

 

 

 

 

 

 

The mower, Philip Larkin 
The mower stalled, twice; kneeling, I found
A hedgehog jammed up against the blades,
Killed. It had been in the long grass.
I had seen it before, and even fed it, once.
Now I had mauled its unobtrusive world
Unmendably. Burial was no help:
Next morning I got up and it did not.
The first day after a death, the new absence
Is always the same; we should be careful
Of each other, we should be kind
While there is still time.
michael lilin 2017

constellation (keep smiling, la récompense, thinking one thing)

michael lilin 2017 michael lilin 2017 michael lilin 2017 michael lilin 2017

Constellation

encre, crayons, feutres, découpages sur papier

3 feuilles

michael lilin 2017

 

 

“They don’t come to me
anymore. How can I lament
anything? It is all
so proper, so much
as it should be, now
the nearing cumulus
clouds, ominous,
shift, they are like the
curtains, billowy,
veering at the apex
of their intrusion on the room.
If I am alive now,
it is only
to be in all this
making all possible.
I am glad to be
finally a part
of such machinery. I was
after all not so fond
of living, and there comes
into me, when I see
how little I liked
being a man, a great joy.”
(denis johnson, Looking out the window poem, 1995)
Outnumbered —michael lilin
Outnumbered

Outnumbered 

Encre, lavis, aquarelle et stylo sur papier,

24×18 cm

michael lilin 2016

The practitioner is outnumbered, but though he is, the practitioner has a plan of action which will defeat his numerically superior enemies. Of course, during that exact time, he will be unable to defeat them because he is vastly outnumbered, but there will be a time when his enemies will become few. 

That is the perfect opportunity and time to conduct a treacherous attack which should surprise the remainder of his enemies.

Employment of “deceptive attacks” is useful, especially when combined with treacherous means, in order to defeat the enemy.

Patrhenry P Pantig,  Martial Art Philosophy : the art of street fighting.

 

michael lilin

« If they don’t like him that way
They won’t like me after today
I’ll be standing right by his side when they say
He’s a rebel and he’ll never be any good
He’s a rebel cause he never does what he should
Just because he doesn’t do what everybody else does. » (1)

Lorsque nous l’avons sollicité pour un achat, il nous a envoyé une pochette Canson de collégien en ajoutant « je peux vous en faire d’autres pour la semaine prochaine ». Derrière cette (fausse) désinvolture, on trouve des dessins extrêmement fouillés, ce n’est pas la moindre des contradictions. Michael Lilin a toujours beaucoup dessiné et très bien, mais c’est la première fois qu’il fixe son univers avec autant d’exigence, comme si tout cela était dans sa tête depuis un long moment et attendait. Quel univers ? Des paysages imaginaires où des chemins se creusent, des couloirs deviennent sinueux, des choses s’imbriquent les unes dans les autres, des excroissances végétales (branche d’arbre mais aussi bois de cerf) poussent, une forme de surréalisme aujourd’hui. Il y a des maisons simplifiées, aussi des sortes de mirador ou de chaise démesurément haute d’arbitre, souvent en équilibre instable ou renversés, des boîtes qui s’ouvrent ou se ferment. Lorsqu’il y a des humains cela devient encore plus complexe, les corps au feutre fin et plutôt rouges sont surmontés de masques à têtes animales, les hommes sont affublés d’un long cou, parfois aussi ils portent des armures moyen-âgeuses.. Arrivent-ils ou partent-ils? Sont-ils les bienvenus ou la cible d’un doigt inquisiteur pour une culpabilité d’origine inconnue? Souvent, les bras écartés, ils planent ou lévitent. Michael Lilin connaît-il ce générique de Folon pour la télévision dans les années quatre-vingt? Des personnages planants sur une musique mélancolique annonçaient la fin des programmes et la neige persistante sur l’écran. Les ciels aquarellés sont toujours travaillés, les nuages en enfilade, mais s’agit-il de nuages ou de fumée? Michael Lilin connaît particulièrement bien la culture anglosaxone et germanique, et ce n’est pas un hasard s’il passe d’une langue à l’autre dans les titres de ses dessins. Proverbes, citations, expressions confèrent aux oeuvres une dimension quasi métaphysique: « Il sera convoqué prochainement devant la commission… ». Il y a une parenté avec l’oeuvre rare d’Eugen Schönebeck, les dessins de 1963 où des personnages disproportionnés (corps chétif, grosse tête) deviennent inquiétants. « Il montre un aspect sombre, tabou, de la vie cernée par la société. Mais certains dessins contiennent de l’humour… » (2) Chez Michael Lilin une sorte de Krazy Kat peut aussi surgir dans un terrifiant engin de travaux publics et, jubilatoire, il est là pour détruire.

Catherine Laubier, Yves Brochard

(1) The Crystals, He’s a rebel

(2) Eugen Schönebeck, Die Zeichnungen, Galerie Nolan-Judin, Berlin 2011

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